Pythéas
Collège
Marseille
 

L’analyse du générique d’Envoyé Spécial

dimanche 3 juin 2012, par Rachel Garcia

Travail accompli par les élèves de 3ièmeC après lecture et analyse de l’émission et de son générique en vue de l’épreuve de l’Histoire des arts.

Cette étude a eu lieu dans le cadre d’une séquence menée en français lors de la semaine de la presse sur l’engagement des journalistes et leur devoir de neutralité, et dans le cadre d’une séquence d’éducation civique.

Aujourd’hui de nombreux journalistes prennent des risques pour rendre compte de ce qui se passe dans certains pays. Ils le font pour que nous sachions, et pour que la vie des autres ait un écho chez nous. Ce métier les conduit parfois à prendre des risques inconsidérés ; Gille Jacquier, l’envoyé spécial de france 2 en est l’exemple parfait.
Certains penseront peut-être que son travail pour l’émission Envoyé spécial ne justifiait pas une telle prise de risques, que cet engagement ne s’expliquait pas. Alors nous nous sommes intéressés à cette émission. Après avoir visionné le reportage traitant de la mort de Gilles Jacquier en Syrie, nous avons essayé de comprendre comment travaillaient la rédaction et les journalistes de cette émission et dans quel but. Et pour comprendre cela nous nous sommes penchés sur son générique.

En quoi consiste véritablement le métier de journaliste et plus particulièrement d’envoyé spécial ?Quelle est cette émission ? et comment est construit son générique qui frappe le spectateur et illustre parfaitement le sens de ce programme ?
Autant de questions auxquelles nous avons du répondre pour analyser et rendre compte de l’importance de l’engagement et de la liberté des journalistes.

I/ ETRE JOURNALISTE

Le journalisme est l’activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l’attention du public à travers les média. Les différents média sont aujourd’hui : la presse écrite où les professionnels appliquent des techniques d’écriture journalistiques, la radio où le journalisme utilise l’écriture radio, la télévision par la diffusion de montages vidéos commentés, et Internet.

Le journalisme est parfois appelé " quatrième pouvoir " pour le rôle de transparence qu’il est censé avoir au sein d’une démocratie. En effet, un impératif de neutralité fait normalement partie intégrante du métier de journaliste, celui-ci doit se contenter de rendre compte des événements, de donner toutes les informations possibles pour que le public puisse se faire une opinion sans se faire influencer.

Une rédaction compte beaucoup de métiers différents :
Au sein des rédactions de presse écrite, de télévision ou de radio, l’envoyé spécial tient souvent une place à part. Toujours prêt à s’envoler pour l’autre bout du monde dans l’heure, l’envoyé spécial est un journaliste tout terrain. Il peut être cameraman, reporter, photographe etc...
Ce type de journaliste est un spécialiste pour trouver l’information là où elle se trouve, alors qu’il ne connaît rien ou presque au sujet qu’il va traiter et de l’environnement qu’il va découvrir. Pour l’envoyé spécial seul l’événement compte. Cet événement est souvent dramatique (crash d’un avion, prise d’otage, guerre, procès, catastrophe naturelle...).
Derrière le titre d’ « envoyé spécial » il y a une connotation, celle du risque, du danger, de l’éloignement.

II/ L’EMISSION ENVOYE SPECIAL

Envoyé spécial est l’une des émissions phares de la chaîne publique france2. Cette émission a été créée sur antenne 2, ancien nom de la chaîne, en janvier 1990, et connaît rapidement une grande renommée.

Présentation de l’émission :
L’émission présente en fait plusieurs reportages (4 en général) sur des thèmes d’actualité différents. Il s’agit d’un magasine hebdomadaire de la rédaction de france2 diffusé le jeudi en première partie de soirée.
Aujourd’hui ’hui, les présentatrices et rédactrices sont Françaoise Joly et Guilaine Chenu.

Histoire et raison de la création de l’émission :
On doit cette émission à Paul Nahon et Bernard Benyamin, chargés de la production, qui, en 1990 veulent se distinguer du journal télévisé, qu’ils jugent trop « lapidaire » et assimilable à un « flot indifférencié d’images ». Leur magazine doit pouvoir proposer aux téléspectateurs de l’information de qualité à partir d’un sujet bien délimité et identifié. Le reportage du magazine doit être un approfondissement d’un sujet lié à l’actualité. L’objectif est de rassembler des éléments et d’apporter des précisions concernant le déroulement d’un événement récent afin que le téléspectateur puisse mieux le comprendre.

Audimat :
Dès 1990, l’émission passe la barre des 20 % de part d’audience. L’audience varie entre trois millions et sept millions de spectateurs selon les sujets, ceci équivaut malgré tout à une part de marché moyenne de 22,1 %, soit environ 4,5 millions de spectateurs chaque jeudi soir.

Aujourd’hui on peut aussi voir : Envoyé spécial, la suite, un magazine diffusé le samedi à 14 h à partir de janvier 2010, toujours sur France 2. Présenté en alternance par Françoise Joly et Guilaine Chenu, il vise, dans la continuité du magazine principal du jeudi soir, à montrer l’évolution des reportages sur les phénomènes de sociétés diffusés au cours des vingt années d’émissions.

Le public identifie véritablement l’émission à son générique car celui-ci ne laisse pas le spectateur indemne.

III/ LE JOURNALISME OU LE MONDE EN UN GENERIQUE

Lé générique de l’émission est un défilement d’images très rapide. Ces images regroupent les moments importants de l’histoire des ces 12 dernières années, à partir du World Trade Center (à peu près) et des moments plus banals rendant simplement compte de l’évolution de nos sociétés.

Ce générique est accompagné d’une musique suscitant l’émotion. En effet, il semble que son compositeur, Even de Tissot, ait choisi une mélodie saccadée aux tons graves, avec une répétition inexorable des notes pour rendre compte de l’évolution de l’histoire. Il y a quelque chose d’effrayant, d’alertant et en même temps d’universel et rassurant. « Une musique douloureuse » d’après Mamadou ou « d’urgence d’après Boutsy ». Il semble que même sans les images, parfois difficiles et inquiétantes, les émotions générées par le visionnage du générique ne puissent passer qu’avec la musique.

Il faut dire que les images sont parfois choquantes elles aussi ou rassurantes.
Celles-ci peuvent être classées selon plusieurs thèmes :
il y a d’abord le thème de la nature ; la nature comme richesse avec ce commerçant qui soulève ses graines, ou la nature comme problème pour l’homme avec cette thèmatique de l’eau :la nature en colère avec les images du tsunami au japon de 2011 et des inondations, l’eau comme bien précieux avec l’enfant souriant sous la pluie ou celui s’amusant sur le manche du puits, ou enfin, la nature détournée avec ces images d’alimentation modifiée.
Il ya ensuite le thème de la religion « le XXIieme siècle sera religieux ou ne sera pas », peu importe à qui on doit cette phrase il n’empêche qu’au visionnage du générique on sent le poids de la religion dans nos sociétés actuelles, notamment avec les images de femme portant le voile.
La guerre est bien évidemment un thème traité grâce entre autres aux images de soldats dans l’hélicoptère
la politique y est aussi représentée avec ces hommes qui manifestent, ou encore les images du printemps arabe ou celle de Barak Obama
on peut enfin découvrir des scènes de liesse grâce au mariage indien ou à la discothèque.

Ces thèmes illustrent eux-mêmes, de manière croisée, d’autres préoccupations de notre siècle comme la place de la femme dans la société, le rôle et la place à donner aux pays émergeants et surtout l’avenir préparé pour nos générations à venir car les enfants sont peut-être les personnages les plus récurrents dans ce générique.

Si ces thèmes ou questionnements nous sont apparus c’est aussi parce que des méthodes cinématographiques sont associées pertinemment aux thèmes traités.
Rappelons d’abord ces deux ralentis : l’un sur le visage, préoccupé et provocateur de Oussama Ben Laden, et l’autre sur cette femme portant le voile intégral noir et passant devant un magasin d’habits pour homme.
Les plans serrés nous permettant tout juste de discerner les visages de ces hommes embarqués sur un bateau de fortune clandestinement pour rejoindre l’Europe, ou encore celui sur les enfants d’origine asiatiques tous vêtus du même costume et faisant le même mouvement.

Tout cela, mais aussi bien d’autres éléments propres à chaque image permet aux réalisateurs de faire comprendre au spectateur les enjeux du monde moderne et les enjeux du métier de journaliste, de celui qui nous fait savoir, celui qui nous montre, toujours dans la neutralité, comme le prouve l’utilisation de la couleur bleu. En effet toutes ces images sont teinte d’un filtre bleu, couleur même du logo de l’émission.

Nous nous sommes donc posés la question de la représentation du bleu...Pour cela nous avons d’abord réfléchi en termes de champ lexical. Celui-ci était très dense mais nous avons principalement retenu : la mer, l’eau, le ciel, le froid, l’océan, les fleurs...tout ce qui appartient à personne et donc à tout le monde et qui symbolise : la sérénité, la pureté, la neutralité mais aussi la vérité et la loyauté. Nous nous sommes d’ailleurs demandé si ce n’était pas pour ces raisons que des partis politiques tels le FN et l’UMP avaient choisi ces couleurs, de même pour TF1, la gendarmerie, facebook, le drapeau européen ou celui de l’ONU, les casques bleus ou l’équipe des « bleus ».

Le bleu semble alors être la couleur d’un consensus : le rouge rappelle le sang, le communisme, le jaune la couleur des traîtres, le vert est trop attaché à la nature uniquement...Le bleu semble être la couleur de tout le monde. Or la mission d’un journaliste reposant sur le compte rendu de la vérité en toute objectivité, le bleu semble bien approprié pour une émission comme Envoyé spécial.
Jean-Michel Maulpoix dans on roman sur le bleu résume cela en écrivant : « Le bleu ne fait pas de bruit », « c’est une couleur timide, sans arrière-pensée ».

Conclusion :

Il semble donc que ce générique soit un double témoignage. Le témoignage des sociétés qui peuplent notre terre dans toutes leur complexité et le témoignage du travail du journaliste qui s’engage à ne pas s’engager ?

Portfolio

  • Emission-du-19-avril-2012-Envoyé-spécial-France2
 
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